Le café soluble instantané, une mauvaise idée !
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Une dose de préparation dans une tasse d’eau chaude, quelques tours de cuiller et le café est prêt. Une solution pratique dans la lignée des « toujours plus vite » et « toujours plus facile » du monde moderne. Pour les vrais amateurs de café, c’est un sacrilège gustatif ! Mais qu’importe qui ceux qui l’aiment ainsi l’apprécient !
Le problème est que le café ne devient pas soluble par un processus naturel. Il s’obtient en en préparant un extrait concentré qui est ensuite séché par pulvérisation ou lyophilisation, avec une exposition à de fortes températures et l’ajout d’additifs, ce qui conduit à la présence de sous-produits, notamment l’acrylamide, est des produits de glycation avancée, et à la concentration du plomb initialement présent dans le café.
Deux études ayant comparé les consommateurs de café classique et de café solubles ont révélé des conséquences alarmantes :
– La première publiée en 2023 portait sur plus de 450 000 sujets (biobanque britannique). Elle a montré chez les consommateurs de café solubles une accélération du raccourcissement des télomères (signe de vieillissement), qui ne se retrouve pas chez les consommateurs de café filtré (1).
– La seconde publiée en 2025 portait sur plus de 800 000 sujets (biobanque britannique). Elle s’est appuyée sur une étude des variations génétiques liées aux comportements favorisant l’apparition de DMLA sèche. Et le résultat est particulièrement parlant : le risque pour les consommateurs de café soluble est multiplié par 7, alors qu’il n’est pas modifié par rapport à la moyenne chez les consommateurs de café filtré (2).
D’autres conséquences seront peut-être mises en évidence dans l’avenir, il n’y a cependant pas besoin d’attendre, les deux qui ont été révélées à ce jour, associé au fait qu’un produit transformé par la technologie est potentiellement plus dangereux que le produit naturel, suffisent à éviter la consommation de café soluble instantané, sans remettre en cause la consommation des formes obtenues à partir des grains de café torréfiés et moulus.
Références :
1. Yudong Wei & al : Instant Coffee Is Negatively Associated with Telomere Length: Finding from Observational and Mendelian Randomization Analyses of UK Biobank – Nutrients . 2023,15(6) : 1354
2. Qi Jia & al : Genetic Correlation and Mendelian Randomization Analyses Support Causal Relationships Between Instant Coffee and Age-Related Macular Degeneration – Food Science & Nutrition, Juin 2025 13(6 )
Les jus de fruits et de légumes, une fausse bonne idée ?
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Les jus de fruits et de légumes préparés chez soi juste avant d’être consommés ont un intérêt évident, ils apportent des quantités notables de vitamines, minéraux et antioxydants sous des formes naturelles assimilables. Ils s’opposent à cela aux compléments alimentaires qui sont des produits ultra-transformés, dépourvus de trame vivante et avec des proportions démesurées entre les nutriments ce qui ne permet pas une assimilation digestive et cellulaire optimale.
Ils ont été mis en avant pour cela par certains courants de la naturopathie, avec l’appui publicitaire des industriels qui commercialisent des extracteurs.
Ils ne sont cependant pas dépourvus d’inconvénients.
On savait déjà, concernant les fruits, que le jus dépourvu de fibres a un index glycémique plus élevé que le fruit entier, ce qui abaisse sa qualité nutritionnelle.
Une recherche effectuée à l’université de Northwestern (USA) a montré que la consommation exclusive de jus pendant trois jours conduisait à une modification notable du microbiote buccal, avec une composition favorisant l’inflammation et la perméabilité intestinale [1]. Cet effet est explicable par le manque de fibres et l’apport plus important de sucre directement disponible.
La modification a été observée au niveau du microbiote buccal, qui se révèle sensible à la qualité des apports alimentaires. Le microbiote buccal protège contre les bactéries pathogènes, favorise la digestion, soutient l’immunité. Son rôle dans la santé globale est aujourd’hui reconnu. Un déséquilibre peut avoir des conséquences bucco-dentaires ou générales.
La modification n’était pas significative au niveau du microbiote intestinal, dont la composition est plus stable. Il n’est donc pas possible à ce stade de savoir s’il y a ou non un impact sur ce microbiote et au bout de combien de temps, même si cela semble logique au vu de ces premiers résultats.
Références :
1. Savo Sardaro & al. : Effects of Vegetable and Fruit Juicing on Gut and Oral Microbiome Composition. Nutrients 2025. 17(3), 458
Le lien entre microbiote intestinal et troubles anxio-dépressifs
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Un lien de corrélation entre la qualité du microbiote et la présence de troubles anxio-dépressifs est désormais établi. Il s’explique notamment par le rôle de ce microbiote sur le niveau inflammatoire de bas grade et la capacité de synthèse de certains neuromédiateurs.
Trois études publiées ces deux dernières années apportent des éclairages intéressants sur ce lien.
– Une revue de travaux parue en 2025 (1) a exploré les altérations du microbiote intestinal chez les personnes souffrant de troubles anxieux et examine les effets thérapeutiques potentiels des probiotiques. Elle en conclut que les personnes atteintes de troubles anxio-dépressifs présentent souvent des altérations du microbiote intestinal, (diversité microbienne réduite niveau plus faible de bactéries productrices d’acides gras à chaîne courte). Les cures de probiotiques, notamment du genre Lactobacillus, peuvent avoir une action bénéfique modérée.
– Une étude parue en 2023 (2) sur une cinquantaine de sujets a comparé des analyses poussées du microbiote dans les échantillons fécaux (31 sujets atteints de trouble d’anxiété sociale et 18 témoins). La composition globale du microbiote et sa diversité se sont révélées différentes entre les 2 groupes et des différences significatives ont été observées sur certaines espèces. Un approfondissement intéressant a montré que les différences significatives étaient constantes, quels que soit l’alimentation, l’activité physique et l’indice de masse corporelle, ce qui questionne sur le lien entre ces facteurs de santé générale et l’anxiété, qu’ils ne semblent pas modifier. Le microbiote individuel de la personne et une influence possible des troubles psychiques sur ce microbiote seraient d’autres explications possibles du lien de corrélation observé.
– Une autre étude parue en 2023 souligne les liens significatifs entre trouble anxio-dépressifs et microbiote intestinal et analyse l’intérêt des méthodes capables d’influencer ce microbiote : nutrition, micronutrition, pré et probiotiques, transplantation fécale. Cet intérêt reste théorique puisqu’il existe peu recherches précliniques et cliniques publiées sur l’efficacité et la fiabilité de ces diverses approches thérapeutiques.
Que conclure de tout cela ?
Le lien de corrélation entre microbiote intestinal et troubles anxio-dépressifs n’indique pas le sens de la causalité. Est-ce le microbiote qui favorise l’anxiété et les processus psychiques qui modifie le microbiote ?
Actuellement, rien ne montre que les divers changements de mode de vie pouvant optimiser le microbiote améliorent significative l’anxiété. Il est donc illusoire d’attendre des résultats en se reposant sur cette seule voie thérapeutique.
En revanche, il est clair qu’une amélioration de certains facteurs du mode de vie (alimentation, activité physique, niveau de détente, sommeil, vie sociale) a des effets majeurs sur la santé générale et donc, au moins indirectement, sur les troubles anxio-dépressifs.
Une approche psycho-santé intégrative inclura autant que possible ces facteurs, mais s’appuiera avant tout sur les méthodes de psychothérapie qui agissent directement sur l’anxiété et la dépression, selon le trouble spécifique du sujet et selon sa personnalité.
Références
1.Kamil Nikel& al : The Impact of Gut Microbiota on the Development of Anxiety Symptoms – A Narrative Review – Nutrients 2025, 17(6) : p. 933
2. Mary I. Butler & al : The gut microbiome in social anxiety disorder: evidence of altered composition and function – Translational Psychiatry 2023, 13, Article n° 95
3. Akash Kumar & al : Gut Microbiota in Anxiety and Depression: Unveiling the Relationships and Management Options – Pharmaceuticals (Basel), 2023, 9,16(4) : p. 565.
La néophobie alimentaire : un fait biologique
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Il n’y a aucune loi qui s’applique à tous les enfants concernant le comportement alimentaire. Il y a cependant des tendances fortes qui se dégagent.
Souvent, jusqu’à une période qui va 18 mois à 3 ans, l’enfant mange ce qu’on lui présente sans rechigner (sauf s’il est perturbé par autre chose). Puis, il se met à rejeter ce qu’il ne connaît pas, sans même le goûter ou avec un choix de rejet qui semble déjà fait. C’est la néophobie alimentaire, un casse-tête pour de nombreux parents.
Des chercheurs anglais ont suivi pendant 13 ans le comportement alimentaire de 2 400 paires de jumeaux, homozygotes et dizygotes. Ils ont montré que les facteurs sociaux et familiaux sont prépondérants jusqu’à 2-3 ans, et ensuite ce sont des facteurs génétiques qui dominent, avec une influence estimée à 70 % (1).
La néophobie alimentaire n’est pas propre aux petits humains, elle est observée dans diverses espèces de mammifères (rat, vache, singe). C’est un mécanisme de protection acquis lors de l’évolution, pour l’ingestion de produits toxiques quand le jeune mammifère commence à explorer son environnement.
On ne peut donc rien faire face à cette néophobie. On peut en revanche favoriser l’élargissement du répertoire alimentaire de l’enfant en lui faisant manger la plus grande diversité avant 18 mois, en évitant trop de mélange pour qu’il mémorise des aliments identifiés, en favorisant les produits avec un goût d’origine (culture potagère ou biologique). Ainsi, il sera moins en mesure de rejeter ce qui est nouveau.
Il y a bien sûr des facteurs individuels qui déjouent cette stratégie, et chaque parent désireux d’apporter à son enfant une nourriture favorable fait ce qu’il peut…
Dans certaines limites, car il y a des situations vraiment difficiles, la stratégie qui semble la plus aidante pour qu’un enfant dans sa période néophobique garde une alimentation diversifiée pour le restant de sa vie est de ne jamais le contraindre et sans pour autant lui laisser de choix sur ce qui est proposé. Sauter certains repas, mis en perspective avec sa santé future, ne compromet pas le rapport bénéfice/risque favorable de la démarche. L’habileté est de mettre régulièrement des plats qu’il apprécie afin qu’il ne se retrouve pas dénutri !
Référence :
1. Zeynep Nas & al : Nature and nurture in fussy eating from toddlerhood to early adolescence: findings from the Gemini twin cohort – The Journal of Child Psychology and Psychiatry, 19 septembre 2024
Effets néfastes du sucre lors de la petite enfance
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Il y a de multiples raisons de ne pas apporter de sucres ajoutés à l’alimentation au cours de l’enfance, et particulièrement lors des 1 000 premiers jours.
Une évaluation sans précédent effectuée au Royaume Uni a permis de confirmer l’impact sur la santé à long terme. Dans ce pays, le rationnement du sucre instauré pendant la guerre n’a été levé qu’en 1953, et cela a conduit à un doublement de la consommation. En analysant le devenir des personnes nées avant et après cette levée de rationnement, il apparaît clairement que la disponibilité du sucre, et donc sa consommation plus importante, augmente de manière significative le diabète de type II (+ 20%) et l’hypertension (+ 35%).
L’étude portant sur 60 000 sujets a montré une corrélation entre la durée d’exposition à l’abondance sucrée pendant la gestation et au cours de la petite enfance, et l’incidence de ces deux pathologies.
Il ne s’agit que d’une corrélation. Le grand nombre de sujets et les conditions exceptionnelles du contexte donnent à cette étude une grande valeur, et confirme à quel point le sucre a des effets néfastes
L’évaluation de l’impact sur l’inflammation et le cancer est en projet
Référence
Gracner & al : Exposure to sugar rationing in the first 1000 days of life protected against chronic disease – Science, 31/10/2024
Conséquences néfastes de la préférence gustative pour le sucré, notamment vis-à-vis des troubles anxio-dépressifs
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Une enquête sur 180 000 personnes utilisant l’intelligence artificielle a permis de différencier trois profils de préférences alimentaires.
– Les personnes soucieuses de leur santé qui privilégient les fruits et légumes aux aliments d’origine animale et sucrés.
– Les personnes qui aiment et consomment la plupart des aliments
– Les personnes qui ont une nette préférence sucrée et consomment peu de fruits et légumes
Sans surprise, les personnes qui ont la préférence sucrée ont une incidence plus élevée de la plupart des maladies, avec un effet marque sur l’anxiété, la dépression, la démence, et diverses maladies chroniques. Il n’apparaît pas de différence sur les cancers.
La différence entre ceux qui évitent le sucre, et ceux qui l’introduise dans une alimentation diversifiée est moins marquée et varie selon les pathologies. Concernant l’endométriose, seul le groupe qui évite le sucre tire un avantage significatif.
Référence :
H F Navratilova et al : Artificial intelligence driven definition of food preference endotypes in UK Biobank volunteers is associated with distinctive health outcomes and blood based metabolomic
and proteomic profiles – Journal of Translational Medicine, 2024, 22:881
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