Un type de nutriment efficace contre l’hypertension… est-ce vraiment intéressant ?

Des chercheurs de l’université de Reading (Royaume uni) ont mené une étude de grande envergure sur 25600 sujets, qui a montré les effets favorables d’un import conséquents en polyphénols de la famille de flavonols, apportés notamment par les fruits, le thé vert, le chocolat (1).
Des résultats similaires sont obtenus en suivant le régime DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension) conçu pour les hypertendus, ou le régime méditerranéen qui est son inspirateur.
Une telle étude pourrait suggérer qu’il suffit d’apporter des flavonols pour obtenir les bénéfices, mais est-ce vraiment le cas ? Les personnes qui en consommaient davantage dans cette évaluation n’avaient-elles aucune autre différence alimentaire ?
Cette publication, comme beaucoup d’autres, nous amène à réfléchir sur l’intérêt des études alimentaires qui tendent à isoler un facteur parmi d’autres. Un article de l’association française pour l’information scientifique titrait : la plupart des recherches en nutrition sont biaisées voire fausses. Il y a en effet dans ce domaine tellement de facteurs de variation qu’il est impossible d’isoler les effets d’un facteur ponctuel, client ou nutriment. Cela fait certes de la matière à commenter sur les journaux, mais cela amène avant tout de la confusion.
On sait aujourd’hui qu’un changement alimentaire est bénéfique s’il améliore certains d’apports et ratios désormais bien connus. Plutôt que se focaliser sur un nutriment ou un aliment, il est bien plus avantageux de miser sur ces améliorations dans une diversité qui respecte le cadre de vie de chacun.
Pourquoi notamment mettre en avant les flavonols ou un régime DASH spécialement conçu pour l’hypertension alors que les bénéfices sont obtenus par le régime méditerranéen. Il serait bien plus utile de vérifier que le respect des ratios santé, quel que soit le régime et quels que soient les aliments consommés, est le facteur commun à tout ce qui provoque une amélioration. Cela laisserait à chacun davantage de liberté, donnerait un cadre pourvoyeur à son rythme, ce qui favoriserait probablement une meilleure adhésion.

Références :
1. Javier I. Ottaviani & al : Biomarker-estimated flavan-3-ol intake is associated with lower blood pressure in cross-sectional analysis in EPIC Norfolk – Scientific Reports volume 10, Article number: 17964 (2020)
2. Hervé Maisonneuve : La plupart des recherches en nutrition sont biaisées voire fausses – SPS n°326 Octobre / Décembre 2018

Covid 19 et nutrition : peut-on tirer des conclusions ?

L’objet de nombreuses recherches concerne les facteurs de vulnérabilité au Covid 19, notamment pourquoi des personnes font des formes graves : orages de cytokines chez les adultes et peut-être syndrome de Kawasaki chez les enfants.
Les liens se font avec les facteurs classiques retenus par la médecine : obésité, âge, maladies chroniques, traitements médicamenteux.
Il n’y a pas malheureusement pas de recherche avec les facteurs de terrains. Il est peu probable que des corrélations soient recherchées avec le statut nutritionnel, et encore moins avec les critères pertinents de nutrition santé.
Les quelques éléments d’observation attirent l’attention sur le zinc (dont la déficience accrue par l’infection virale favorise la perte de goût et d’odorat), le microbiote (la pauvreté de la diversité est un facteur commun de l’âge et du surpoids), la vitamine D (et son lien désormais  bien connu avec l’immunité). On pourrait supposer aussi que le terrain inflammatoire (aggravé par le déficit en oméga 3 et la consommation élevée de produits sucrés) et oxydant (favorisé par un apport faible en nutriments antioxydants) jouent un rôle dans les complications.
En fait, il y a  beaucoup de raisons de penser qu’une nutrition santé soit un vrai facteur de protection. Sera-t-il possible de le vérifier ?