L’effet cocktail des pesticides évalué pour la première fois
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La toxicité éventuelle des pesticides est évaluée par des études spécifiques pour chacun d’entre eux, principalement par des tests de laboratoire de toxicité spécifique (génotoxicité notamment) ou suivi des personnes fortement exposées.
Cette approche réductionniste a l’inconvénient de séparer les effets des substances et de ne pas détecter les conséquences possibles des interactions entre elles.
Une étude publiée en avril 2026 dans la revue Nature Health est particulièrement innovante. Elle a été effectuée au Pérou pendant 6 ans, dans une région d’agriculture intensive, en modélisant la dispersion dans l’environnement de 31 substances utilisées comme pesticides et toutes considérées comme non toxiques, et en la croisant avec l’incidence des cancers et les altérations moléculaires précoces sur les organismes. Sa conclusion est sans équivoque : « un lien solide entre l’exposition aux pesticides agricoles présents dans l’environnement et le risque d’apparition de cancers ». Le fait de vivre dans les zones exposées à l’association de ces produits augmente de 150 % le risque de développer un cancer.
Les critiques ont porté sur la méthodologie et le fait qu’elle l’étude est effectuée seulement dans une zone limitée. Elle est cette imparfaite, mais comment envisager une étude parfaite pour évaluer une action complexe ? Son acceptation par une revue de grande renommée et la reconnaissance par les experts de la recherche de sa robustesse invite plutôt à prendre en compte un résultat qui dérange.
La démonstration d’un effet cocktail conduit à logiquement à relativiser la sécurité des produits qui n’ont pas montré individuellement de risque significatif, di fait que l’exposition n’est jamais isolée et qu’une toxicité peut apparaître par associations de multiples facteurs présents dans l’environnement.
À défaut de changement législatif qui réduirait significativement l’usage des pesticides, les précautions que nous pouvons prendre sont celles que nous connaissons déjà : éviter d’habiter trop près de cultures intensives, de se balader dans les périodes de traitement, et d’éviter les produits végétaux fortement traités
Référence :
Jorge Honles & al : Mapping pesticide mixtures to cancer risk at the country scale with spatial exposomics – Nature Health 2026
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