Risques liés aux Isoflavones de soja : des spéculations qui vont à l’inverse des données connues

Les isoflavones de soja ont-elles un effet œstrogénique de type perturbateur endocrinien ?
La question est débattue depuis longtemps, faisant l’objet le plus souvent de spéculations passionnelles et reposant sur des données partielles.

La recherche scientifique nous donne plusieurs points de vue éclairants :
– Catherine Bennetau-Pelissero, professeur en Sciences Animales et Nutrition-Santé à l’ENITA de Bordeaux, effectue des recherches approfondies sur les effets biologiques des phyto-estrogènes conclut que le soja a plutôt des effets bénéfiques, notamment s’il est consommé dès l’enfance, et les effets cancérogènes sont peu étayés alors qu’ils le sont davantage pour les lignanes (lin, sésame…).
– Hervé Berbille, ingénieur agroalimentaire, rectifie point par point les accusasions passionnelles contre le soja, affirmant même que consommé dès l’enfance, il active par voie épigénétique des gènes protectrice vis-à-vis des processus cancéreux hormono-dépendants
– Marc Messina et son équipe, auteur en 2009 d’une synthèse montant les effets globalement bénéfiques et l’absence de preuve du pouvoir cancérigène. La nouvelle synthèse parue en 2021, avec plus de 600 références, conclut que la consommation de soja n’affecte pas la fonction thyroïdienne et que les isoflavones de soja ne peuvent être classées comme perturbateur endocrinien. Le seul effet constaté est une légère augmentation de la durée du cycle menstruel.

Le risque de réactiver un cancer du sein après guérison repose sur des craintes et non sur des preuves, qui vont plutôt dans le sens inverse.
Le bon sens conduit malgré tout à rester sur une consommation raisonnable (pas plus de 1 produit par jour) et d’éviter, par précaution, de commencer une consommation régulière après la ménopause pour une femme qui n’en n’aurait jamais consommé avant. Les conséquences d’un changement mineur mais réel du climat hormonal sont alors imprévisibles.

Références :
1. Catherine Bennetau-Pelissero -Phyto-œstrogènes et santé : bénéfices et inconvénients, Lettre scientifique de l’IFN n°143, avril 20210
2. Interview Hervé Berbille
M. Messina et al. :  Neither soyfoods nor isoflavones warrant classification as endocrine disruptors: a technical review of the observational and clinical data  Crit. Rev. Food Sci. Nutr., mars 2021

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