Le végétalisme a-t-il des effets néfastes sur la grossesse ?

La question de l’adéquation ou non d’un régime végétalien pour la santé humaine se pose régulièrement. Les résultats observés semblent contradictoires, montrant parfois des bénéfices, parfois des conséquences néfastes. Tout dépend en fait à quoi on le compare et à qui il s’adresse.
La dernière recherche (1) porte sur la grossesse en comparant des femmes omnivores, pesci-végétariennes (incluant les poissons), ovo-laco-végétariennes et végétaliennes strictes (vegan).
Aucune différence n’a été constatée sur l’incidence des naissances prématurées.
Des différences ont été notées sur le poids de naissance des enfants, et le gain de poids gestationnel des mères.
Le poids moyen des enfants était en moyenne de 3 015 g (+/– 420 g) pour les mères végétaliennes strictes, 3 285 g pour les mères lacto-ovo-végétariennes, et 3 328 pour les autres (omnivores et pesci-végétariennes).
La prise de poids moyenne des mères végétaliennes était de 11,6 kg et de 14,3 pour les mères omnivores.

Ces résultats amènent plusieurs commentaires :
– Si le poids de naissance de l’enfant et la prise de poids de la mère sont considérés comme des indicateurs de santé, alors un régime pesci-végétarien ou omnivore semble plus favorable à l’ensemble de la population et le végétarisme strict le plus risqué. Cela confirme une vision globale et synthétique des données actuelles de nutrition santé.
– Aucun enfant de mère végane (poids de 2 595 à 3 435 g) n’est en dessous de 2 500 g, seuil en dessous duquel le petit poids de naissance est reconnu comme un facteur de risque pour l’enfant.
– Concernant la prise de poids de la mère, dans la mesure où il n’y a pas de carences associées, être en dessous de la moyenne n’est pas un problème, cela pourrait même être bénéfique.
– Globalement, il est évident que le végétarisme strict, s’il répond aux besoins de l’organisme par une grande diversité végétale et se supplémente en vitamine B12 en cas de déficience, ne pose pas de problème de santé s’il est bien supporté par le corps. Il est même avantageux s’il permet d’être en phase avec des valeurs importantes pour la personne.
– La nutrition santé gagne toujours à augmenter la diversité. Elle gagne aussi à respecter les valeurs de la personne dans les choix alimentaires. La réduction de diversité demande alors d’être plus vigilant sur les nutriments pénalisés par la restriction.

Référence :
1. T. Avnon & al. : The impact of a vegan diet on pregnancy outcomes. J Perinatol 2021 : 41 : 1129-1133

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